La Société financière internationale (IFC) a un objectif clair pour la Tunisie. Elle veut attirer au moins 300 millions de dollars d’investissements en 2026. Energie, industrie manufacturière et agrobusiness sont en tête de liste. Mais l’argent n’est pas une fin en soi. L’institution veut surtout aider les entreprises à mieux tenir face à la concurrence, soutenir leurs ventes à l’étranger et faire naître des emplois qualifiés.
Dans un entretien accordé à un quotidien national, l’un de ses directeurs de division a dressé la liste des filières qui ont, selon lui, de belles marges de progression. Il cite les énergies renouvelables, le phosphate, l’agrobusiness, l’industrie manufacturière et la logistique.
Le soleil, un atout pour les entreprises
Le solaire occupe une place à part dans cette stratégie. Le responsable rappelle qu’un kilowattheure solaire coûte aujourd’hui environ trois fois moins cher que celui produit à partir de gaz. Pour les entreprises locales, cet écart peut faire vraie différence sur leur facture et leur compétitivité.
L’institution a déjà mis à la main à la poche pour une grande centrale solaire du centre du pays, financée à hauteur de 86 millions de dollars. Cette installation devrait éviter le rejet de 108 000 tonnes de CO₂, chaque année. Trois autres projets du même type sont en préparation, indique-t-il.
Des usines et des champs qui recrutent
Dans l’agrobusiness, l’institution a soutenu des activités autour de l’huile d’olive, des dattes et de la tomate, trois produits phares qui ont encore de la marge. Un prêt de 70 millions de dollars a été accordé à une entreprise agroalimentaire du sud, qui fait travailler des milliers de personnes, pour l’aider à s’agrandir.
Côté industrie, le financement destiné à un fabricant de composants doit accompagner la croissance de l’entreprise et créer entre 1 000 et 1 500 emplois industriels qualifiés.
Le phosphate n’est pas oublié. Selon le responsable, ce secteur pourrait renforcer les exportations et soulager la balance des paiements.
Logistique et PME, deux chantiers à ne pas négliger
Située au carrefour de grandes routes commerciales maritimes, l’économie nationale a une carte à jouer dans la logistique. Les services portuaires et le transport de marchandises restent trop peu exploités, alors qu’ils pourraient attirer des investisseurs et créer des emplois qualifiés.
Reste le cas des petites et moyennes entreprises. D’après le directeur, les banques ne manquent pas de liquidités, mais les PME peinent à y accéder. Il faudrait des mécanismes de garantie supplémentaires pour leur ouvrir la porte du crédit.
Passer des intentions aux actes
Aujourd’hui, l’institution gère environ 100 millions de dollars d’investissements actifs dans le pays, auxquels s’ajoutent près de 300 millions dans les projets prévus pour l’année. Pour son directeur, le vrai défi est désormais de transformer ces perspectives en projets concrets, capables de produire des retombées durables pour l’économie.
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